Immigration en Asie du Sud-Est : les évolutions à anticiper en 2027
Les réglementations migratoires continuent d’évoluer en Asie du Sud-Est. Pour les expatriés comme pour les entreprises internationales, 2027 s’inscrit dans une tendance claire : davantage de digitalisation, un contrôle renforcé des statuts et une volonté de simplifier certaines procédures administratives.
Au Vietnam, en Thaïlande et au Cambodge, plusieurs évolutions sont particulièrement importantes à anticiper.
Vietnam : nouveaux statuts, digitalisation et simplification de la légalisation des documents
Le Vietnam a fait évoluer son cadre migratoire en 2026 avec plusieurs mesures destinées à moderniser la gestion des étrangers et à renforcer l’attractivité du pays pour certains profils internationaux.
Parmi les principales nouveautés figurent les nouvelles catégories de visas UĐ1 et UĐ2, destinées notamment à certains travailleurs étrangers qualifiés, en particulier dans le secteur des technologies numériques, ainsi qu’à leurs familles.

Le visa UĐ1 peut être délivré pour une durée allant jusqu’à cinq ans, tandis que certains titres de séjour temporaire associés peuvent atteindre dix ans. Cette évolution marque une volonté de faciliter l’installation à long terme de certains profils considérés comme stratégiques pour l'économie vietnamienne.
L’Apostille : une nouvelle procédure à connaître
Depuis le 11 septembre 2026, le Vietnam est officiellement partie à la Convention de La Haye sur l’Apostille. Cette procédure simplifie la légalisation de certains documents étrangers destinés à être utilisés au Vietnam.
Attention toutefois : l’Apostille ne s’applique pas encore à tous les documents ni à toutes les situations. Selon le pays d’origine, le type de document ou les exigences de l’administration vietnamienne, une légalisation auprès de l’Ambassade du Vietnam peut toujours être nécessaire. Il est donc important de vérifier la procédure applicable avant de faire certifier ses documents.
Thaïlande : un régime touristique plus encadré
La Thaïlande a également renforcé son contrôle des entrées sur son territoire.
Depuis le 15 septembre 2026, le régime d'exemption de visa touristique de 60 jours a été révisé. La durée standard d'exemption est désormais ramenée à 30 jours pour les nationalités concernées, tandis que les conditions d'accès au Visa on Arrival ont également été ajustées.
Cette évolution vise notamment à mieux distinguer les séjours touristiques des situations de résidence ou d'activité professionnelle et à limiter l'utilisation répétée de l'exemption de visa à d'autres fins.
Pour les expatriés, le message est donc simple : une entrée sans visa ne doit pas être considérée comme une solution de résidence ou de travail à long terme. Les personnes qui souhaitent s'installer professionnellement en Thaïlande doivent disposer du statut correspondant à leur activité.
Une mesure de séjour prolongée jusqu'en 2027
La Thaïlande a également prévu des prolongations exceptionnelles pour certains travailleurs étrangers originaires du Laos, du Myanmar et du Vietnam déjà enregistrés dans les dispositifs concernés.
Pour ces travailleurs, certaines autorisations de séjour et de travail peuvent être prolongées jusqu'au 11 décembre 2027. Cette mesure concerne toutefois des catégories précises de travailleurs déjà présentes dans les dispositifs concernés et ne constitue pas une nouvelle voie générale d'accès au marché du travail thaïlandais.
Pour les entreprises employant des collaborateurs étrangers, le suivi du statut administratif et des autorisations de travail reste donc essentiel en 2027.
Cambodge : les entreprises doivent anticiper les quotas de travailleurs étrangers
Au Cambodge, les évolutions concernent principalement les entreprises qui emploient des salariés étrangers.
Pour 2027, les entreprises doivent anticiper leur Foreign Manpower Quota (FMQ), qui encadre le nombre de travailleurs étrangers qu'elles peuvent employer. Les demandes sont effectuées via le système numérique Foreign Workers Centralized Management System (FWCMS).
Le quota général prévoit un plafond correspondant à 10 % de la main-d'œuvre locale, réparti entre différentes catégories de postes. Des dérogations peuvent toutefois être accordées par les autorités compétentes.
La préparation doit donc commencer en amont de l'arrivée des collaborateurs. Pour une entreprise internationale qui prévoit de recruter ou de transférer des salariés au Cambodge en 2027, les démarches liées au quota et au permis de travail doivent être intégrées dès la préparation de la mobilité.
Le Cambodge poursuit également la digitalisation de ses procédures d'immigration, notamment avec le système v-Pass, qui permet de remplacer certains documents et procédures papier lors des passages aux frontières internationales.
Une même tendance dans la région
Vietnam, Thaïlande et Cambodge suivent des trajectoires différentes, mais une tendance commune se dessine : les procédures d'immigration deviennent progressivement plus digitales, tandis que les autorités renforcent le contrôle du statut des étrangers.
Pour les entreprises, cela implique d'anticiper davantage les démarches avant l'arrivée du salarié : choix du visa, permis de travail, documents administratifs, légalisation ou Apostille et, selon les pays, quotas de travailleurs étrangers.
En 2027, une mobilité internationale réussie reposera donc de plus en plus sur une préparation administrative en amont plutôt que sur des démarches effectuées une fois le salarié arrivé dans le pays.
Pour les entreprises et expatriés, le réflexe à adopter reste le même : vérifier les règles applicables au moment du départ, car les procédures d'immigration en Asie du Sud-Est continuent d'évoluer rapidement.



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